Le portrait photographique, 1997, bourse du FRAC Ile de France

Le fond monochrome et soutenu sur lequel se détachent les figures bougées d'Anne-Sophie Maignant renvoient immédiatement le regard à l'espace de la peinture. Et ce qu'il en est d'un effacement, voire d'un délitement du corps, de sa littérale défiguration, à l'expérience d'une turbulence que corrobore la mise en espace de chacune de ses images.

Quelque chose d'une énergie quasi existentielle les gouverne qui force le dilemme dialectique entre la figure et le fond et les instruit d'une puissante dimension dramatique.

Désignées par l'artiste elle-même comme des " autoportraits en mouvement à vitesse lente et déclenchement à retardement ", les images d'Anne-Sophie Maignant sont requises par l'humain. Fondées sur la dualité entre deux termes - le visage et la figure, le corps et son envergure, la chair et le sang, etc. -elles sont en quête d'une " ambivalence essentielle à la figuration ".

Philippe Piguet

 

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